Publié le 02/07/2020 à 00:00 / Jura Agricole

LA MARRE

Des agriculteurs exaspérés se sont opposés à la mise sous scellés d'un casse-cailloux.

Un comité d'accueil pour l'Office pour la Biodiversité

En 2018, les membres du Gaec de la Saugia à La Marre ont fait l'objet d'un procès-verbal de la part des agent de l'ONCFS pour avoir utilisé le casse-cailloux dans leurs parcelles.

Deux ans plus tard, le Parquet ordonnait la mise sous scellés du caisse cailloux propriété de la Cuma MPPR. C'est donc accompagnés d'une quinzaine de gendarmes que les trois agents de l'Office Français pour la Biodiversité se sont rendus sur place, lundi dernier, pour effectuer la mission que leur avait confiée le Procureur de la République.
Sur place, environs 130 agriculteurs de la FDSEA du Jura, de Jeunes Agriculteurs et de la Coordination rurale, ainsi que des entrepreneurs de travaux agricoles les attendaient de pied ferme pour protester contre ce type de méthodes et faire part de leur ras le bol.
Si les membres du Gaec ne se sont pas opposés à la pose des scellés, ce sont les organisations syndicales ont fait obstacle à la démarche. S'en est suivi un échange musclé entre des paysans remontés contre le « tout répression » de l'OFB sur les questions d'entretien de haies, de cours d'eau, de vidanges d'étangs et maintenant de casse-cailloux.
Christophe Buchet, le président de la FDSEA a alors pris la parole pour faire part de l'exaspération des paysans face à des agents de l'Etat qui ne les écoutent pas. L'usage raisonné du casse cailloux permet de mécaniser des parcelles à faible potentiel et d'éviter la friche et le boisement. De leur côté, les fonctionnaires de l'OFB s'abritent derrière la loi et renvoient la balle aux parlementaires en considérant qu'ils ne font que leur travail.
La sénatrice Sylvie Vermeillet, présente sur place, est également intervenue pour souligner qu'elle était régulièrement sollicitée par les maires sur ces questions d'aménagement et d'entretien de l'espace. Elle a également mis en avant la nécessité de faire évoluer la loi pour éviter la multiplication des procédures.
Afin qu'elle ne soit pas caricaturée, les représentants syndicaux ont tenu à préciser la posture du monde agricole : il n'est pas question de tout détruire !
D'ailleurs, le Jura, avec plus d'un quart de sa surface en Natura 2000 est reconnu pour sa biodiversité et les pratiques agricoles y contribuent largement. Dominique Chalumeaux, conseiller départemental et ancien président de la chambre d'agriculture, a même rappelé que dans les années 90, l'Etat encourageait financièrement les agriculteurs à défricher pour ouvrir le paysage. Les outils techniques et financiers s'appelaient alors fonds de gestion de l'espace rural et contrat territorial d'exploitation.
C'est dans ce contexte tendu que les agriculteurs se sont quittés en n'excluant pas d'autres mobilisations dans les jours à venir.