FDGEDA
Un référentiel des essais et des mallettes pédagogiques

La FDGEDA favorise le partage d'expérience entre GVA : 5 années d'essais ont été référencées et seront bientôt accessibles en ligne. Et des mallettes pédagogiques vont permettre de faciliter le transfert d'actions comme les animations dans les écoles, les fermes-ouvertes, etc.

Un référentiel des essais et des mallettes pédagogiques
Visite d’une parcelle du Gaec de Colmagne sur la zone de captage du Bel Air

Menaces et solidarité. Deux mots qui résument l’actualité du moment. Béatrice Richard, présidente de la FDGEDA s’en inspire pour évoquer la vie des GVA.

« Nous sommes confrontés à deux menaces à relever : tenir le nombre d’adhérents dans nos groupes pour continuer nos actions et faire face aux départs des animateurs de groupe que l’on peine à remplacer… Nous devons aussi veiller à garder une cohésion au sein de la FDGEDA », rappelle-t-elle lors de l’assemblée générale de la FDGEDA, le 26 septembre dernier à Cramans.

« Le collectif est source de solidarité. Solidarité de toutes les actions que l’on mène. La création d’un référentiel des essais en est un bon exemple. Nous avons besoin des essais de tous, d’échanger toutes ces données pour arriver à affronter les défis qui arrivent comme le changement climatique. On pourra avancer grâce à la force des groupes. »

Après avoir repéré les essais réalisés dans les GVA ces 5 dernières années, le travail de la FDGEDA pour l’année à venir sera de mettre à disposition ce référentiel en ligne pour les adhérents de GVA et de le valoriser auprès de la chambre d’agriculture. Une mise à jour annuelle sera également prévue.

Exemple d’essais référencés : la conduite du soja, l’azote sur blé, les fongicides sur blé, l’effet doses PK sur la jaunisse nanisante, maintenir la culture de colza dans le Jura, améliorer le stockage de carbone grâce aux couverts, favoriser la présence des auxiliaires, …

La FDGEDA est également solidaire des actions de ses partenaires et participe au Dimanche à la ferme organisé par la chambre d’agriculture, au projet ACSA2 - approches complémentaires en santé animale porté par la FRGEDA, au stage installation (SCOPI) avec l’ADFPA et au GIEE Bioforce labellisé à l’automne 2021  pour 3 ans. Le GIEE Bioforce concerne 26 agriculteurs bio qui bénéficient d’un accompagnement individuel. Cette année 3 tours de plaines, 3 visites techniques et une journée portes ouvertes sur les « couverts végétaux » ont été réalisées au sein du GIEE qui suit 11 parcelles sur la thématique « semis de couvert herbacé sous culture ».

Autre action concrète qui va être mise en place par la FDGEDA : le partage d’outils et de méthodes (mallettes pédagogiques). « Une sorte de valise pédagogique d’expériences et d’actions pour que les GVA partagent aux autres GVA leur savoir-faire autour d’événements comme les journées dans les écoles, les randonnées, les fermes ouvertes, etc. » , explique Elodie Matter, animatrice FDGEDA.

Le partage d’expériences peut dépasser le Jura. Ainsi, durant l’année 2023-2024, la FDEGEDA mettra à disposition des GVA un panneau inspiré de nos voisins suisses pour lutter contre les déchets.

 

 

Qualité de l’eau préservée

La deuxième partie de l’assemblée générale de la FDGEDA avait pour thème : Comment un collectif d’agriculteurs peut aider à préserver la qualité de l’eau sur un périmètre de captage ?

Après un exposé sur les différentes étapes de la protection du captage du Bel Air et le repas, l’ensemble des participants s’est rendu sur la parcelle du Gaec Colmagne situé sur la zone de captage.

9 exploitations sont concernées par ce captage, avec des propriétaires dans deux départements (Jura et Doubs) et 3 communes. Soit 30 ha de périmètre rapproché, 70 ha en périmètre éloigné, et 113 ha en aire d’alimentation du captage. Le puits alimente les communes de Mouchard, Pagnoz, Vaulgrenant et Villers-Farlay. Le réservoir à Mouchard de 1 200 m3 pour environ 600 m3 consommés par jour a été construit dans les années 78-80, à une époque où l’on prévoyait une augmentation de la consommation d’eau.

Les responsables de GVA réunis à Cramans

Au début de l’opération, dans les années 2000, le syndicat intercommunal des eaux du Bel Air a racheté les 30 ha de périmètre rapproché. Les agriculteurs étaient tous en location sauf 4 ha.

Le syndicat a passé une convention avec les exploitants concernant des restrictions culturales et en contrepartie les locations étaient divisées de moitié, « soit une baisse d’environ 70 euros par hectare », témoigne le Gaec Colmagne. Sur les parcelles en périmètre immédiat, une convention a été signée avec les agriculteurs : fauche du terrain sans aucun apport dessus.

À partir de 2010, la collaboration a continué par le biais de la chambre d’agriculture et des mesures agri-environnementales. Les essais sur la restriction d’intrants se sont poursuivis.

« Nous avons réussi à avoir une bonne qualité d’eau. Le puits de captage de Bel Air n’est plus classé comme prioritaire par l’Agence de l’eau depuis le 1er janvier 2022 » , indique Henri Jacquin, président du syndicat intercommunal des eaux du Bel Air.

Vivien Bourgeon, animateur du CRDA présente un suivi sur la zone de captage réalisé depuis 2010 sur l’atrazine avec de fréquentes analyses depuis 2020 où l’on ne retrouve plus trace de la molécule. Les nitrates sont restés entre 10 et 20 mg/l pour un objectif de 25 mg.

Christian Colmagne rappelle la proximité d’une ligne SNCF et d’un fossé alimenté en eau qui vient d’un bord de route de la commune de Mouchard.

« On reste modeste, on fait ce qu’il faut pour préserver la qualité de l’eau mais on peut regarder aussi ce qui se passe autour de nous et ce que font les autres… », estime l’agriculteur.

Une des clés sur la zone : l’ouverture des élus qui ont accepté la possibilité de maintenir des cultures (blé, maïs grain) sur cette zone de captage après avoir étudié les résultats de diverses expérimentations. Florent Rolet, autre exploitant sur la zone de périmètre rapproché, explique qu’il a pu labourer une parcelle qui doit rester toujours en herbe pour la réensemencer en herbe. « Ça a été accepté ».

« Nous avons eu une bonne relation avec l’ensemble des agriculteurs tout au long du processus » , souligne le président du SIE du Bel Air.

À noter qu’en 2017, la loi Nôtre définit un changement de compétence sur la gestion des zones de captage qui passe des syndicats communaux aux communautés de communes. Les syndicats ont jusqu’en 2026 pour opérer ce changement. Sur le secteur du bel Air, la compétence est désormais du ressort de la communauté de communes du Val d’Amour. Le captage du Bel Air étant classé A, il ne fait plus partie des 15 captages prioritaires suivis par la chambre d’agriculture.

IR

Bientôt un panneau inspiré de nos voisins suisses pour lutter contre les déchets