Accès au contenu
Estives

Des introductions sous haute surveillance

Comment s’est passée l’arrivée des bovins venant de zones indemnes dans les estives et pâturages jurassiens ?


Emmanuel Courvoisier, président du GDS 39 : L'arrivée des bovins provenant de zones indemnes s'est globalement bien déroulée. Les éleveurs concernés ont, dans l'ensemble, effectué les démarches demandées, notamment l’obtention de nouveaux numéros d'EDE pour les pâturages à distance ou les exploitations saisonnières. L'administration se chargera de faire appliquer les nouveaux arrêtés préfectoraux aux retardataires.


Aujourd'hui, on peut considérer que les introductions sont quasiment terminées sur le Haut-Jura. Le principal enjeu est la vaccination dès l’arrivée puisque celle-ci est toujours interdite en zone indemne. La plupart des éleveurs ont joué le jeu. Certains ont toutefois décalé la vaccination de quelques jours afin de la réaliser en même temps que les prises de sang à l’introduction.


Les autorités ont un temps envisagé une mise en quarantaine de ces animaux pendant la période d'incubation. Est-ce toujours d'actualité ?


E.C. : Non, cette mise en quarantaine avait été envisagée pour les animaux provenant de zones indemnes destinés aux pâturages collectifs. Finalement, l'introduction de ces animaux non immunisés dans les pâturages collectifs a été interdite. Il est recommandé de conserver des lots distincts selon leur élevage d'origine par parcelle et d'éviter les mélanges à l'arrivée afin de limiter les risques sanitaires. Le pâturage collectif n’est possible qu’entre animaux valablement vaccinés.


Quels conseils donneriez-vous aux éleveurs qui accueillent des animaux de zone indemne ?


E.C. : Outre la vaccination la plus rapide possible des animaux introduits et le maintien de lots distincts, les mesures de biosécurité restent essentielles. Les éleveurs ne doivent pas négliger l'entretien des pédiluves ni le nettoyage des bétaillères et du matériel partagé, notamment en Cuma. La lutte contre les insectes vecteurs conserve également son importance, même s'il est illusoire de vouloir les éliminer totalement dans nos élevages herbagers.


Quels sont les signes qui doivent alerter les éleveurs ?


E.C. : Les signes d'alerte restent les mêmes que l'an dernier : de la fièvre, de l'abattement l'apparition de nodules sur la peau ou encore de croûtes au niveau de la mamelle. En présence de tels symptômes, il est important de contacter rapidement son vétérinaire. Les éleveurs jurassiens ont jusqu'à présent fait preuve de vigilance en signalant les suspicions, ce qui reste indispensable pour éviter toute diffusion de la maladie.


Un retour de la DNC vous inquiète-t-il ?


E.C. : Nous espérons évidemment ne pas revoir apparaître la maladie, mais il ne faut pas relâcher notre vigilance. Les expériences observées dans d'autres pays montrent qu'il est rare d'éradiquer complètement la DNC en une seule année. Malgré une couverture vaccinale très élevée des Savoies à la Franche Comté, un retour de la maladie reste donc possible. S'il devait se produire, il ne faudrait pas forcément y voir un échec des mesures mises en place, mais plutôt la poursuite d'un travail sanitaire de longue haleine.


Quelles seront les prochaines échéances pour les éleveurs jurassiens ?


E.C. : Tous les bovins du département devront bénéficier d'un rappel vaccinal avant le 31 décembre. C'est une étape importante pour renforcer l'immunité des troupeaux, maintenir une couverture vaccinale suffisante pour pouvoir sortir de zone vaccinale et préserver les débouchés commerciaux (veaux d'élevage, veaux laitiers, broutards, génisses...).  Certains éleveurs étaient inquiets des réactions observées après la première injection, notamment l'apparition de nodules sur de nombreuses vaches. Ces réactions étaient liées à la forte réponse immunitaire provoquée par ce vaccin vivant, qui constitue également l'une des raisons de son efficacité. Mais ces effets indésirables devraient être beaucoup plus rares lors du rappel. Mobilisons-nous tous dans l’intérêt de l’élevage Jurassien.


Propos recueillis par S.C.


 

Des introductions sous haute surveillance
La vaccination et le respect des mesures de biosécurité restent les principaux leviers pour limiter le risque de réapparition de la DNC, rappelle Emmanuel Courvoisier.

La suite est réservée à nos abonnés.