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EVA Jura

Mickaël Millet, nouveau président : « servir les éleveurs est l’ADN d’EVA Jura »

Depuis le 19 décembre, la présidence d’EVA Jura est désormais assurée par Mickaël Millet. Il expose, dans cette interview, les priorités qu’il entend porter pour la coopérative jurassienne dans un contexte sanitaire et économique complexe.

Mickaël Millet, nouveau président : « servir les éleveurs est l’ADN d’EVA Jura »
Mickaël Millet succède à Jean-François Saillard à la présidence d’EVA Jura

1- Quel est le parcours de votre engagement au service de l’élevage ?

Participer aux comices et aux concours de la race a toujours été pour moi une véritable bouffée d’oxygène et une source de motivation, dès mon installation et encore plus aujourd’hui où nous partageons ces moments si particuliers en famille. Mon implication dans le monde de l’élevage a débuté par cet attachement fort à la Montbéliarde. Je suis président du syndicat des éleveurs de la race depuis 2013. Je représente le Territoire du Jura au sein de Montbéliarde Association, où je préside également la commission promotion concours. J’arrêterai ces différents mandats en mars, y compris mon engagement au conseil municipal, pour me consacrer à 100% à EVA Jura.

2- Dans quel état d’esprit arrivez-vous à la présidence d’EVA Jura ?

Ces dernières années, j’étais déjà membre du bureau d’EVA Jura et je sais que je peux compter sur le conseil d’administration, les équipes, ainsi que sur le président sortant, Jean-François SAILLARD. Il reste administrateur et accompagne cette phase de transmission, en conservant notamment le dossier de la DNC.

Pour les éleveurs, il y aura clairement un avant et un après DNC. Je ne suis pas du genre à dire « tout est foutu ». Je préfère conserver de l’énergie pour nous adapter autant que possible. Tout a été mis en œuvre pour que le service aux éleveurs soit assuré et continue de l’être.

Dans le Jura, nous avons la chance d’avoir su nous organiser grâce au dialogue entre les différents organismes agricoles et avec la DSSTPP. EVA Jura et Montbéliarde du Jura ont proposé aux élevages contraints de dépeupler de les accompagner dans l’après, afin qu’ils puissent reprendre une activité normale le plus rapidement possible.

3- Quelles priorités voyez-vous pour EVA Jura dans les années à venir ?

Ma première priorité sera le recrutement d’un directeur. Nous fonctionnons actuellement avec une direction de transition. L’objectif est d’apporter de la stabilité à l’entreprise afin de pouvoir nous poser les bonnes questions pour l’avenir et répondre au mieux aux besoins des éleveurs.

Nous sommes avant tout une coopérative de services et, pour moi, servir les éleveurs du Jura est la priorité. C’est notre ADN.

Nous disposons aussi d’un pôle génétique qui rayonne en France et à l’international.

Un autre objectif important est donc de rester compétitifs sur le commerce des doses, y compris auprès de clients hors Jura. La vente de doses est essentielle pour financer notre programme génétique.

4- Dans le contexte de la DNC, le contour d’activités de Montbéliarde du Jura doit être repensé. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

L’activité de Montbéliarde du Jura traverse actuellement une période difficile. L’export est fermé depuis un an en raison de la FCO, notamment vers l’Algérie. Nous avons toutefois su réagir en développant des marchés vers le Maroc et d’autres pays.
L’arrivée de la DNC est ensuite venue stopper l’ensemble de ces débouchés.

Aujourd’hui, l’export reste fermé et le restera 14 mois après le passage en zone vaccinale, normalement prévu le 20 janvier. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre une éventuelle réouverture.

Cela signifie que nous devons retrouver des volumes d’activité. Jusqu’à présent, nous commercialisions principalement des vaches et des génisses d’élevage. Si l’export de génisses n’est plus possible, quelles alternatives peuvent fonctionner ? Nous devons nous poser les bonnes questions pour répondre aux attentes des éleveurs jurassiens, réfléchir à l’adaptation de nos élevages et redéfinir un périmètre d’achat et de vente. Ce dossier sera étudié dès le mois de janvier.

5- À l’approche de la nouvelle année, quel message aimeriez-vous donner aux éleveurs du Jura ?

Dans un contexte où les problématiques sanitaires ont un impact de plus en plus fort, j’espère que l’année à venir sera plus sereine. Je souhaite à tous les éleveurs le meilleur pour 2026.

Avec EVA Jura, nous ferons le maximum pour leur apporter les services dont ils ont besoin.

Bio express


  • Installation en hors cadre familial en 2004 à La Marre

  • Création d’une EARL en 2012 puis d’un GAEC entre époux en 2015, avec Caroline

  • 1 salarié à mi-temps

  • Une surface de 125 ha

  • 430 000 litres de lait livrés à la coopérative de La Marre