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DNC

Vacciner pour se protéger et protéger les autres

Réalisée dans un contexte d’urgence, la première campagne de vaccination nous permet aujourd’hui d’avoir un très bon niveau d’immunité collective à l’échelle du département. Ainsi ce sont environ 99,5 % des bovins présents dans le département qui ont un statut vaccinal « conforme ». Et les 0,5 % restants ? Ce sont essentiellement des bovins nouvellement introduits de Zone Indemne (qui ne seront considérés valablement vaccinés que 28 j après l’injection) et des bovins toujours présents dans certains inventaires alors qu’ils sont morts ou vendus depuis parfois très longtemps. A ce sujet, l’EDE a effectué un travail de fond pour mettre un maximum à jour les inventaires avant la nouvelle campagne de vaccination.

Vacciner pour se protéger et protéger les autres

Doit-on pour autant se sentir totalement à l’abri en 2026 ?  La réponse est clairement non. Tout d’abord parce que nous devons nous assurer que la très grande majorité des bovins aura une immunité suffisante tout au long de l’année. En général, un vaccin n’entraîne pas une immunité permanente. Ainsi, pour les 2 vaccins utilisés dans notre département (OBP et MSD), il est aujourd’hui admis que la protection est efficace pendant 15 mois après la primo-vaccination. Les vaccinations dans le Jura ayant débutées fin août, les rappels pourront donc être effectués après la période de pâturage. Bien entendu, ceux qui souhaiteront anticiper le rappel pourront le faire en respectant le délai de 8 mois post primovaccination recommandé.

Vaccination des veaux : 2 situations différentes

Veaux nés de mères vaccinées.

La majorité des éleveurs le savent, la protection immunitaire des jeunes veaux contre les maladies néo-natales se fait généralement par l’intermédiaire du colostrum des mères vaccinées. C’est ainsi que dans le cas de la DNC, les veaux nés plus de 21 jours après la vaccination de leur mère sont considérés protégés grâce aux anticorps maternels contenus dans le colostrum. Cela sous-entend bien entendu que ce colostrum soit consommé rapidement et en quantité suffisante. De plus, l’immunité vaccinale transmise via le colostrum persiste entre 4 et 6 mois. Cette population peut donc être considérée à risque et doit donc être impérativement vaccinée entre 3 et 6 mois d’âge.

Veaux vaccinés avant 3 mois :

Lors de la première campagne, de nombreux veaux de moins de 3 mois ont été vaccinés. Ce protocole est parfaitement légitime en cas de risque élevé et imminent (épizootie active, bovin situé en Zone Réglementée…). Il n’en demeure pas moins que l’efficacité de la vaccination par voie injectable sur des jeunes veaux est un sujet qui ne fait pas toujours consensus chez les scientifiques (et pas uniquement pour la DNC). Cette moindre efficacité est en général attribuée à l’immaturité du système immunitaire. Ainsi, et même si les vaccins DNC peuvent être administrés à tout âge, l’ANSES recommande un rappel de vaccination après 3 mois révolus. Dans notre département, durement touché en 2025, l’objectif de tous les partenaires (GDS, Chambre d’Agriculture, Groupement Technique Vétérinaire,...) est de limiter au maximum le risque de résurgence du virus. Nous recommandons donc très fortement la vaccination de cette catégorie de veaux.

Vigilance sur les mouvements de bovins non vaccinés

Un autre risque non négligeable concerne les bovins introduits depuis une Zone Indemne (ZI). Ceux-ci sont par définition non vaccinés et donc particulièrement exposés en cas de circulation virale. Pour ces animaux la règle reste la même : ils doivent être vaccinés au plus vite dès leur arrivée. La vaccination avant départ, depuis la ZI, est toujours interdite malgré les demandes unanimes de la profession. Cette situation est particulièrement délicate alors que nous sommes proches de la période de pâturage et que l’absence de bovins suisses laisse entrevoir une arrivée importante de bovins non vaccinés. Sans attendre les directives nationales, les départements du Jura, du Doubs et de l’Ain prennent actuellement des dispositions qui permettront d’encadrer les pratiques de pâturage et d’assurer une meilleure traçabilité des mouvements. En effet, pour s’assurer du respect des obligations de vaccination, il faut avant tout savoir qui est présent dans la Zone Vaccinale. Cela semble évident mais l’expérience de 2025 a montré que ce n’était pas toujours le cas. Des Arrêtés Préfectoraux seront bientôt publiés dans ce sens.

GDS 39