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AG de la FDSEA 39

« La valeur ajoutée, nous devons la créer ici et la garder ici »

Devant les adhérents, le président de la FDSEA Eric Druot a successivement abordé la conjoncture des principales filières, les dossiers syndicaux du moment et la crise de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui a fortement marqué le département ces derniers mois.

« La valeur ajoutée, nous devons la créer ici et la garder ici »

L’assemblée de la FDSEA du Jura s’est tenue le 19 mars à Mont-sous-Vaudrey. L’occasion pour le président Eric Druot de revenir sur l’année agricole écoulée devant les nombreux adhérents présents. Elu cette année, il n’aura pas été épargné pour son baptême du feu. « 2025 fut une année difficile sur le plan syndical, » reconnaît-t-il.

Le président a d’abord exprimé son inquiétude pour les grandes cultures. « Les prix ne sont pas bons mais surtout, les charges d’exploitation demeurent très élevées, en particulier, l’énergie, les engrais et le machinisme, » a-t-il rappelé. Ce contexte est d’autant plus incertain qu’il pourrait être aggravé par les répercussions du conflit au Moyen-Orient.

Même chose pour le lait standard. Après deux années favorables, le début 2026 marque un retournement avec une baisse des prix dans un contexte de hausse de la production et de tensions internationales. Il dénonce un système où « la production sert de variable d’ajustement » des industriels. A l’inverse, il souligne la progression du lait AOP, dont le prix a augmenté de 20 % en cinq ans.

Selon lui, une meilleure valorisation de « nos productions végétales via nos productions animales » est nécessaire. « La valeur ajoutée, nous devons la créer ici et la garder ici, » lance-t-il.

Sur le marché bovin, les prix atteignent des niveaux historiquement élevés, portés par la baisse du cheptel et une demande soutenue. « Cette évolution est liée à un effet ciseau entre une diminution du nombre d’animaux sur le marché, les impacts de la FCO et de la MHE et une demande qui reste importante de la part des consommateurs, » explique le président départemental.

Loup : la loi doit rectifier le tir

Le dossier du loup a également été évoqué, avec une demande d’évolution des règles pour mieux protéger les élevages. « La non protégeabilité des troupeaux bovins en élevage extensif est une réalité et je ne parle même pas des ovins. Il faut que la loi d’urgence rectifie le tir. »

Pour la viticulture, le bilan est mitigé. L’année 2025 a été « normale alors qu’elle aurait pu être exceptionnelle ». Elle permettra de faire remonter un peu les stocks et d’offrir des perspectives positives à des viticulteurs qui ne voyaient pas le bout du tunnel.

Eric Druot est ensuite revenu sur les différentes actions syndicales menées par la FDSEA. Un travail technique sur le drainage, l’entretien des haies, des fossés et des cours d’eau. « Nous ne pouvons pas accepter que des agriculteurs soient convoqués et auditionnés comme de vulgaires délinquants alors qu’ils n’ont fait qu’entretenir leurs clôtures ou supprimé des embâcles, » a-t-il insisté, appelant à un cadre clair permettant d’exercer le métier sans risque. « Si la France veut regagner sa souveraineté alimentaire, elle doit placer l’agriculture au même plan que sa défense nationale », a-t-il affirmé, appelant le pouvoir politique à reprendre la main sur l’administration.

Événement majeur de l’année écoulée, la dermatose nodulaire contagieuse a occupé une place importante dans le discours. « Nous n’avons pas été les plus bruyants mais cet épisode sanitaire nous a tous bouleversés. Je veux de nouveau rendre hommage aux six éleveurs qui ont accepté avec dignité le dépeuplement de leur troupeau. Bravo à eux pour leur sens des responsabilités. C’est grâce à eux que la DNC s’est arrêtée là dans le Jura. »

Les animaux ont regagné les élevages, mais la crise laisse des traces. « EVA Jura a besoin de soutien pour traverser cette période difficile », souligne Éric Druot, qui assure la coopérative de l’appui du syndicat.

S.C.