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Quels liens entre Arnaud Rousseau, la FNSEA et le groupe Avril ?

« Les médias et les réseaux sociaux ont pris la FNSEA pour cible. Il était important que les adhérents puissent rencontrer le président national Arnaud Rousseau », a introduit Éric Druot, président de la FDSEA 39. Une attente confirmée par la première question de la salle.

Quels liens entre Arnaud Rousseau, la FNSEA et le groupe Avril ?

« Nous avons beaucoup d’opposants. Les débats se terminent souvent par : “De toute façon, on connaît les intérêts de votre président”. Que pouvons-nous répondre ? Quels sont les liens entre le groupe Avril et la FNSEA ? » a demandé Julien Gaillard, éleveur et membre du bureau départemental. 

« Le groupe Avril ne m’appartient pas et je n’en suis pas le PDG, » explique Arnaud Rousseau. « Il est détenu par la Fédération française des producteurs d'oléagineux (FOP). Je ne possède qu’une part sociale de 10 euros. Pour en être administrateur, il faut être membre de la FOP et donc adhérent FNSEA. J’ai été élu président du conseil d’administration aux côtés d’autres paysans et d’industriels, comme certains d’entre vous peuvent être en responsabilité dans d’autres associations spécialisées nationales ou des fruitières. Ma légitimité dans ce groupe me vient donc du syndicat. »  

Il est ensuite revenu sur l’histoire du groupe. Créé il y a une quarantaine d’années par trois administrateurs de la FNSEA, il visait à structurer des débouchés pour les grandes cultures. « Ils ont racheté une usine de trituration pour un franc symbolique en 1983. L’objectif n’était pas de faire du bénéfice, ils ont donc tout réinvesti dans l’entreprise, c’est pourquoi le groupe pèse aujourd’hui près de 8 milliards », a rappelé le président. Le groupe Avril a aussi racheté il y a deux ans la dernière usine européenne d’acides aminés pour l’élevage. 

Réduire la dépendance de la France 

Pour Arnaud Rousseau, « Faire du syndicalisme sans vision économique est très dangereux. Si le prix du colza est aujourd’hui rémunérateur, c’est parce qu’on a construit une structure, de la logistique en France pour répondre à la demande ». 

Il a également évoqué l’enjeu de l’autonomie protéique, en rappelant que la trituration du colza et du tournesol produit des tourteaux utilisés en alimentation animale, dans un contexte où la France reste dépendante du soja importé. 

« Quand je lis que je possède des terres en Ukraine ou au Brésil, c’est faux. Je n’ai pas un seul mètre carré en dehors de la France, » corrige-t-il. « Mais le groupe Avril, pour devenir leader, a investi dans 20 pays. Ça permet, lorsque la production française n’est pas au rendez-vous, de continuer de produire mais aussi de transformer toute la production française les années de surproduction ».  

« Si on avait la même chose qu’Avril pour le lait, la viande, la viticulture, l’agriculture ne s’en porterait que mieux, » conclut le président de la FNSEA. 

S.C. 

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